18 octobre 2013

Bouquet final

Chaude nuit d'été
la foule le nez en l'air pour
le bouquet final

L'été est bel et bien terminé,  l'automne nous a fait une blague en l'imitant durant quelques temps.  Malgré cela, nous savons tous que les bonnes choses ont une fin. 

J'annonce ici la fin de ce blogue.  Je l'avais commencé pour combler le vide laissé par le départ de ma fille, ma petite dernière.  Je le ferme aujourd'hui parce que je veux me consacrer à autre chose.   Je vais laisser le blogue pour d'autres formes de création.  Je vais continuer d'écrire, mais j'utiliserai d'autres médiums.   J'ai un roman de prêt, reste à savoir si moi je suis prête à le voir publié.  

Je m'intéresse à la peinture sur soie et je dois réorganiser mon atelier.  L'ordinateur et sa grande tablette graphique sera remplacé par un portable.  La table ainsi dégagée recevra teintures et guta, soies et cadres.  Je suis heureuse de ressortir mes pinceaux, de pourvoir produire quelque chose d'utile: des foulards de soie.   Mon travail d'aquarelliste me servira et mon expérience de designer textile aussi.  Cela correspond autant à mes intérêt qu'à mes capacités.  Ça prendra le temps qu'il faudra, je sais que je vais réussir.  Je vais commencer par de petits essais qui finiront dans des boîtes cadeaux juste à temps pour Noël. 

Je dois tout de même me trouver un petit boulot pour payer cette soif de création, la soie n'est pas donnée.  Je commence lundi prochain un programme de recherche d'emploi intensif.  Ma vie va changer.   

 Je dis donc adieu à ce blogue et merci à tous ceux qui m'ont suivie.  Je ne sais pas ce que demain sera fait mais je suis certaine que pour moi il sera créatif.

12 septembre 2013

Les boules à mites

Au fond de la friperie
l'odeur de la boule à mites
- et des souvenirs
C'est dans une friperie de la rue Rachel, le Rétroviseur, que j'ai eut mon plus gros et  plus long fou rire.  Ce n'est pas d'hier que je fréquente les friperie.  En digne granole, je fréquentais déjà durant mon Cégep une friperie de la rue St-Jean, la Vieille Chipie, et ce sont aujourd'hui, la friperie Renaissance et le Village des Valeurs mes lieux de trouvailles préférés.  Cette semaine dans Les Verts contre attaquent, les animateurs parlaient de l'empreinte écologique des vêtements.  Il en ressortait que la fréquentation des friperies restent encore aujourd'hui une solution gagnante malgré les efforts d'amélioration du marché du vêtements.
J'étais donc avec deux amies, une Québécoise et une Roumaine dans cette friperie qui présentait au fond de sa boutique des vêtements signés.  C'était une de ses journées chaudes et humides des étés typiques de Montréal et nous étions entrées pour y profiter en plus des aubaines, de la généreuse climatisation.
En arrivant au fond du local, mon amie Québécoise, toujours très spontanée, s'exclame haut et fort: 
Ça sent la moule à bite!
Nous nous sommes regardées, puis le fou rire s'empare de nous.  Cette amie, désespérément célibataire à l'époque, venait de faire sa plus belle contrepèterie.  L'odeur de boule à mite n'était que légère mais son nez raffiné l'avait détecté très rapidement.  Nous étions en train de rire depuis plusieurs minutes quand le propriétaire, un ancien voisin anglophone, est venu jeter un oeil sur ce qu'il se passait.  Nous nous sommes calmées un peu, quand l'amie Roumaine, qui riait pourtant de bon coeur avec nous, m'a demandé pourquoi on rit au juste..  Re fou rire.
Je fini par me calmer suffisamment pour lui expliquer ce qu'est une contrepèterie et lui dire que celle qui nous fait si rire vient de la boule à mite.  Explication de ce qu'est cette boule à mite.  Elle me demande alors pourquoi moule à bite nous fait si rire.  Re re fou rire.
Essayez donc d'expliquer quelque chose qui vous fait rire vous!  C'était tordant et difficile.  Un bon cinq minutes plus tard, j'arrive enfin à lui expliquer le sens propre et figuré du mot moule ainsi que la signification du mot d'argot bite.  Re, re et re fou rire général.

Cette fois, impossible de nous calmer car c'était pour chacune de nous en toute connaissance de cause que nous riions.  S'ajoutait à cela la connivence de savoir que notre amie avait ri par solidarité.  Nous étions décidément bruyantes, tellement que nous dûment sortir de la boutique sous l'oeil réprobateur du commerçant.  Ce fut une débandade générale.   Nous avons retrouver notre souffle sur le trottoir qui se prenait pour un four.  Des crampes dans les joues nous nous sommes dirigées vers l'Anecdote pour y boire un rafraîchissement.  Sourire général.

Je ne remercierai jamais assez cette amie qui me procure encore de la joie chaque fois que je pense à ce moment.  Chaque fois que je sens l'odeur de la boule à mite également.  Chaque fois que je repasse devant le Rétroviseur je souri.  Il m'arrive aussi quand je suis vulnérable et triste de repenser à ce moment qui en fut un de vrai partage, de véritable connivence.   J'ai souvent raconté cette anecdote qui fini à l'Anecdote.  Encore aujourd'hui, cela me fait sourire.

21 juin 2013

Les fleurs tardives


Ils finiront bien
par fleurir un beau matin
-les chrysanthèmes rouges

Les chrysanthèmes sont des fleurs d'automne.  Parfois j'ai l'impression que j'en suis une.  Née en novembre se sont souvent celles-ci que l'on m'offre le plus souvent.  Je suis comme elles, tardive à fleurir.  Ce n'est pas faute de faire des efforts, mais la réussite ne sourit pas à tous le monde.
Je vais dire la vérité, je suis en pleine dépression.  C'est dur à avouer quand on a comme moi beaucoup de volonté.  Je découvre également les méfaits de l'angoisse.  Je me soigne avec les prescriptions de mon médecin de famille et avec l'aide de certaines association comme Cancer J'écoute qui ont des oreilles attentives et des conseils judicieux.  
Car j'ai beau avoir un chum aimant, la dépression c'est lourd à porter et je ne veut pas le charger de mes peines.  Même si j'ai des idées noires, je ne cherche pas à mourir, malgré que la mort ne m'effraie pas, non, c'est plutôt la vie qui me fatigue.  Et puis, on ne peut pas mourir quand on a des enfants et maintenant un petit-enfant.  Je ne veut donner de chagrin à personne, ni à ma mère, ni à mes soeurs et non plus à mes amies.
Je supporte des douleurs névralgiques depuis plus de 10 ans, suite à un cancer de la gorge.  J'ai mal aux dents très souvent, à la mâchoire également.  Cela s'accompagne souvent de douleurs à la joue et à la tête, c'est si fort que j'ai parfois l'impression qu'on m'a frappé avec une batte de baseball.  J'ai, comme je l'ai dit, beaucoup de volonté et je supporte tout ça, car ce n'est pas constant, heureusement.
Mais voilà que se rajoute des problèmes de tunnels carpiens, de tendinites et de bursites à cause de mon travail.  Sur les conseils de mon médecin j'ai quitté mon emploi.  Je viens de recevoir un refus de la CSST.  Bonjour les difficultés financières.  Je vie déjà sur le seuil de la pauvreté.  Je dépense presque rien, le loyer me mange tout, je vais dans un centre d'aide alimentaire depuis un an déjà.  C'est assez décourageant, les légumes sont si avancés qu'il faut en faire des soupes et les fruits sont souvent déjà en compote.  Je suis devenue la reine du chutney.
Je raconte tout ça parce que j'ai besoin de m'exprimer.  En ce moment j'ai du mal à être créative et à entrevoir mon avenir.  Tout mes projets sont sur la glace.  La fatigue prends trop de place.  Je m'occuperais de mon jardin plus tard.  Je vais prendre un peu de repos.  Ne m'en veuillez pas trop. 

06 juin 2013

Vente à rabais


Une aquarelle
que j'ai faite au lac Monroe
-en vente à rabais

Je participe à la vente de trottoir sur la rue Mont-Royal avec mon groupe d'amis du fanzine.  Cela se déroulera sous la tente alors j'y serai même s'il pleut.  Si vous aimez mes aquarelle venez dimanche car comme on annonce du beau temps je ne les amènerai que ce jour-là.  Vous vendredi et samedi vous pourrez trouver mes zines et mes minis livres de haïkus.  Venez m'encourager car je suis maintenant en arrêt maladie pour cause de tendinites des deux bras, en plus des tunnels carpiens.  C'est pas la joie.  Si seulement je pouvais profiter de ces vacances pour dessiner, mais c'est trop douloureux, alors je fais du ménage dans mes vieux dessins.  Profitez-en.
Trop tard, celle-ci est vendue.
Mais j'en ais d'autres.
 

31 mai 2013

S'affirmer

Le thé est trop chaud
le biscuit trempé dans la tasse
coule direct au fond

Je viens de retrouver un texte que j'ai écrit il y a bien des années lors d'un exercice d'écriture.  Le jeu consistait à écrire un texte qui contient chaque lettre de l'alphabet de A à Z pour elle même.  On pouvait utiliser aussi bien le son que le sens, et même le double sens.  Voici le résultat et n'oubliez pas que ce n'était qu'un jeu, bien que je trouve qu'il me révèle assez bien, enfin, en partie.

Je m’affirme de A à Z

Ah! Comme j’aimerais être excellente comme un A et bonne comme un B, n’être jamais montrée du doigt par un C elle accusateur, ou jetée comme un D pour le seul plaisir de me voir rouler.  Malgré tout je refuse l’état du E muet ou celui du second F qui s’efface devant son semblable.  Pire encore d’être soumise au G possessif.  Je préfère devenir coupante comme H et montrer mon poing comme un I majuscule, quitte à ce que l’on m’apostrophe comme un J.  Je sais que cela peut devenir problématique comme K, à refuser d’être juste L et à désirer aimer comme M les oiseaux sans N ni  mépris.  Quitte encore à étonner comme un O parce que je fais du bruit comme un P, je rejette tout ce qui est faux Q et méprisant comme un petit R.  Je préfère être souple comme un S et réconfortante comme un T bien chaud afin de continuer à créer ma vie comme on dessine un U avec tous ce que cela demande d’effort pour recommencer du début.  Aucun besoin de se le V tôt pour être deux fois victorieuse comme le W, et tant pis si je suis classée X comme le sont souvent les Y.  Je préfère avancer dans la joie même si je dois arriver dernière comme le Z.  Il n’est jamais trop tard pour s’affirmer vous ne croyez pas?

Quand à l'image du début, c'est une grande aquarelle découpée qui fait partie d'un lot d'une quinzaine que j'ai fait il y a trois ans pour accrocher sur ma corde à linge lors de la journée des voisins.  Chaque portrait est fait deux fois afin d'être visible des deux côtés, recto-verso donc.  Trois jours de travail pour une visibilité très faible et un seul : C'est superbe votre corde à linge.  Merci à cette personne, quelle qu'elle soit.

28 mai 2013

L'ours qui danse

Un ours qui danse
inspiré de l'art Haïda
-lancement de disque

Mon chum lancera sont deuxième disque solo.  Il y a travaillé tout l'hiver et a tout fait lui-même.  Il a trouvé deux musiciens pour l'accompagner lors du lancement qui aura lieu le 4 juin 2013 au bar le Pas Sage, 951 Rachel est, lors d'un 5 à 7 tout en musique.  Le disque se vendra $10.  Je le trouve courageux et persévérant, il a travaillé très fort et il a investi dans la production, il a même fait le graphisme.  Je n'ai réalisé que les dessins.  Il désirait un animal dans le style haïda qui servirait de totem pour chacune de ses chansons.  J'ai regardé beaucoup d'images d'art Haïda.  J'avais déjà visité plusieurs expositions, surtout à Vancouver lors d'un voyage avec ma fille.  Le graphisme simple et les couleurs noire, rouge et vert sont un dénominateur commun.  J'ai vite réalisé que je préférais créer des animaux avec des dessins style Haïda tatoués sur le corps.  Comme je trouve que mon homme est un gros nounours, j'ai commencé par l'ours, mais il y a aussi le renard, l'outarde, l'aigle, la marmotte, le chevreuil, l'orignal, le saumon, la loutre... et la tortue.
Si vous avez le goût de danser ou simplement par curiosité, venez vous joindre à nous.

04 avril 2013

Visage

Visage familier
retrouver dans le miroir
de l'eau d'un ruisseau

J'ai une petite-fille, Zara elle se nomme.  À l'âge d'une semaine elle était le portrait de ma fille, sa mère.  Elle a maintenant un mois et demi et je trouve qu'elle ressemble à une de mes soeurs, celle qui a le visage rond et beaucoup de cheveux noirs.  Le père de Zara trouve que sa fille ressemble à sa propre mère.  Comme je ne la connais pas je ne peux rien répondre à ça. 
Une chose est certaine Zara est tombée dans une bonne famille: des parents attentifs et prudents, des grands-parents toujours prêts à la prendre dans leurs bras, un oncle bouche bée, des grandes tantes qui offrent des cadeaux et même une arrière grand-mère qui la berce tendrement.  Ajoutez à cela toute une famille à Cuba qui n'attend que sa venue là-bas afin de lui ouvrir leurs bras.
La venue d'un bébé attendu, ce n'est que du bonheur, du gros bonheur chaud et rond et qui se partage.